Quand le stade d'épuisement est atteint, la personne peut chercher des échappatoires (nourriture, médicaments, alcool…) pour ne pas sombrer dans le catastrophisme, l'anxiété ou la dépression.

Le stress chronique crée un excès de cortisol qui renforce les connexions entre l'amygdale et l'hippocampe, ce qui met le cerveau en état d'ultravigilance permanent. L'hippocampe est alors moins efficace pour produire de nouvelles cellules nerveuses et réparer les anciennes, ce qui affecte nos facultés d'apprentissage, la mémoire et l'humeur.

En résumé, stress chronique et douleurs chroniques créent un cerveau ultra-réactif qui a du mal à se calmer et qui n'utilise plus suffisamment le raisonnement logique pour gérer les situations stressantes ou douloureuses.

  1. 1CartonStimulus neutre
  2. 2StressContexte de stress exacerbé
  3. 3CartonStimulus associé à une douleur
  4. 4PeurRéponse conditionnée
  5. 5Douleur
Le cercle vicieux : un objet neutre finit par être associé à la douleur.

Quand l'hippocampe est submergé par le cortisol, il stocke tous les stimuli dans la mémoire implicite. Ces derniers ne sont pas datés et le cerveau ne les considérera pas comme des menaces du passé, mais des dangers toujours bien réels. Ainsi, la réponse de fight or flight se déclenchera dès que le cerveau percevra à nouveau ces déclencheurs.

L'année dernière, alors que la période des examens approchait, ma collègue s'est fait un lumbago. Elle pense que c'est en portant des cartons de copies dans les escaliers. Depuis, elle est terrifiée à la simple idée de devoir transporter ces maudits cartons ; et dès qu'elle en soulève un, même très léger, elle a mal.

Toutefois, la solution n'est pas de renoncer à porter des cartons, mais au contraire de prouver à notre cerveau que nous pouvons les porter en toute sécurité.

La plasticité du cerveau, notre espoir

« Des neurones qui s'excitent ensemble se lient entre eux. »

La neuroplasticité du cerveau est sa capacité à créer, défaire ou réorganiser les connexions neuronales en fonction de nos expériences. Les voies les plus fréquemment utilisées se renforcent, alors que celles qui le sont peu, ou pas du tout, s'affaiblissent au fil du temps.

L'hippocampe, centre de notre mémoire, s'active lorsque l'on est exposé à un stress. Ainsi, tous les stress présents, passés et futurs, s'ils ne sont pas sainement exprimés, sont mémorisés et se « stockent » en nous. Le corps n'oublie rien.

Vidéo — La neuroplasticité expliquée en 3 minutes

Il ne faut pas forcément un évènement de grande ampleur pour que des douleurs chroniques se déclenchent. Avec le temps, si nous avons accumulé les petits évènements stressants, nous avons rempli à ras bord notre verre.

STRESSSUCCÈSCONFIANCE EN SOIDÉCLENCHEURSUCCÈS
Chaque réussite renforce les voies neuronales de la confiance.

Ainsi, nous tenons le coup jusqu'au jour où un déclencheur, physique ou psychologique, vient faire déborder notre verre. C'est parfois juste une goutte d'eau qui fait remonter à la surface des années de stress. La bonne nouvelle est qu'en utilisant la plasticité du cerveau, on peut vider progressivement ce verre.

Quand le passé nous rattrape

À l'origine, le terme grec « trauma » désigne une lésion produite par un agent extérieur. Freud en a élargi le sens au domaine psychique. On distingue les traumatismes de type I, provoqués par un événement unique et isolé, et ceux de type II, provoqués par un événement qui se répète dans le temps.

Les symptômes suivants sont ressentis à des degrés divers :

  • l'individu exprime ses sentiments avec difficulté ;
  • il se sent détaché ou en retrait par rapport au monde extérieur ;
  • il évite tout ce qui peut déclencher le souvenir du traumatisme.